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Délégation d'assurance

Délégation d'assurance emprunteur : tout comprendre pour faire le bon choix

Délégation d'assurance emprunteur : définition, conditions légales, étapes concrètes et pièges à éviter. Guide 2026 basé sur les textes officiels

Alexandre LefevreAlexandre Lefevre 18 min de lecture
📉 La délégation d'assurance emprunteur: Votre ticket pour des économies massives!

La délégation d'assurance emprunteur est le droit de choisir un contrat d'assurance de prêt externe à celui de la banque, souvent pour réduire les coûts. Depuis la loi Lemoine de 2022, ce changement est possible à tout moment, sans frais, sous la seule condition que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes.

La délégation d'assurance emprunteur vous autorise à souscrire une couverture pour votre prêt immobilier auprès d'un assureur externe, plutôt que d'adhérer au contrat groupe de votre banque. Instauré par la loi, ce droit permet de réaliser d'importantes économies en choisissant un contrat mieux adapté à votre profil. Depuis la loi Lemoine, il est possible de changer d'assurance à tout moment, à la condition de respecter l'équivalence des garanties. Ce guide détaille la marche à suivre, les pièges à déjouer et vos droits face à l'établissement prêteur.

Ce qu'il faut retenir

  • La délégation d'assurance est le droit de choisir un assureur externe à la banque pour son prêt immobilier.
  • Depuis septembre 2022 (loi Lemoine), la résiliation de l'assurance emprunteur est possible à tout moment, sans frais.
  • La banque ne peut refuser une délégation que si les garanties du nouveau contrat ne sont pas au moins équivalentes à celles de son contrat.
  • Le questionnaire de santé reste obligatoire pour les prêts de plus de 200 000 € ou se terminant après les 60 ans de l'emprunteur.
  • La banque n'a pas le droit de modifier le taux du prêt ou de facturer des frais en cas de délégation.

Qu'est-ce que la délégation d'assurance emprunteur ?

La délégation d'assurance emprunteur consiste, pour une personne souscrivant un crédit immobilier, à choisir un contrat d'assurance auprès d'une compagnie d'assurance indépendante plutôt que d'adhérer au contrat d'assurance collectif proposé par l'établissement bancaire prêteur. Ce droit vise à stimuler la concurrence et à permettre aux emprunteurs de trouver des offres plus compétitives et mieux ajustées à leur situation personnelle. En pratique, au lieu de signer le package complet « prêt + assurance maison », vous ne signez que le prêt avec la banque et présentez une attestation d'assurance d'un autre organisme.

La banque ne peut s'opposer à cette démarche, à condition que le contrat externe présente un niveau de garantie au moins équivalent à celui de son propre contrat. Ce principe fondamental protège les deux parties : la banque s'assure d'être remboursée en cas de défaillance de l'emprunteur (décès, invalidité, incapacité), et l'emprunteur bénéficie d'une couverture adaptée à un tarif potentiellement plus juste. L'évolution législative a progressivement renforcé ce droit, le rendant plus simple et accessible.

Contrat groupe vs contrat individuel : la différence clé

Le marché de l'assurance emprunteur se divise en deux grandes familles :

  • Le contrat groupe : Proposé systématiquement par la banque, c'est un contrat collectif à adhésion facultative. Il mutualise les risques sur l'ensemble des clients de la banque. Ses garanties sont standardisées et son tarif est calculé sur le capital initial, ce qui le rend souvent moins avantageux pour les jeunes emprunteurs en bonne santé.
  • Le contrat individuel : C'est le contrat que vous souscrivez dans le cadre d'une délégation. Proposé par un assureur externe (compagnie d'assurance, mutuelle, courtier), il est entièrement personnalisé. Les garanties sont ajustées à votre profil (âge, profession, état de santé) et le tarif est généralement calculé sur le capital restant dû, ce qui le rend dégressif et souvent plus compétitif. C'est cette option qui permet de réaliser des économies substantielles.

Ce que dit la loi : liberté de choix consacrée par la loi Lagarde

Le droit à la délégation d'assurance n'est pas nouveau. Il a été consacré par la loi Lagarde de 2010. Ce texte fondateur a posé le principe de la liberté de choix de l'assurance emprunteur dès la souscription du prêt. Concrètement, la loi Lagarde interdit aux banques d'imposer leur contrat d'assurance comme condition à l'octroi d'un crédit immobilier. Elle les empêche également de modifier les conditions du prêt (comme le taux d'intérêt) si l'emprunteur opte pour une assurance externe.

Ce texte a été le point de départ d'une ouverture progressive du marché, en donnant aux consommateurs le pouvoir de comparer les offres. L'objectif était clair : faire baisser le coût total du crédit immobilier, l'assurance représentant une part significative de celui-ci. La loi Lagarde assurance emprunteur a ainsi jeté les bases des réformes qui ont suivi, comme les lois Hamon et Lemoine, qui ont encore élargi les possibilités de changement d'assurance en cours de prêt.

Quand et comment exercer son droit à la délégation ?

L'exercice du droit à la délégation d'assurance a été facilité au fil des lois. Historiquement complexe, la procédure est aujourd'hui plus accessible, que ce soit au moment de la signature du prêt ou plusieurs années après. La loi Lemoine de 2022 a unifié et simplifié les démarches pour tous les contrats en cours, marquant une avancée majeure pour les droits des consommateurs. Comprendre ces différentes fenêtres temporelles est essentiel pour agir au bon moment et maximiser ses chances de succès. Chaque situation répond à des règles précises, encadrées par le Code de la consommation pour protéger l'emprunteur.

Pour estimer le coût total, vous pouvez d'ailleurs réaliser une simulation assurance credit immobilier en quelques clics.

À la souscription du prêt : la voie la plus simple

Le moment le plus opportun pour mettre en place une délégation d'assurance reste la souscription de votre crédit immobilier. Avant même de signer l'offre de prêt définitive, vous pouvez informer votre banque de votre souhait de choisir un assureur externe. La banque doit vous remettre une Fiche Standardisée d'Information (FSI) qui détaille les garanties minimales qu'elle exige. Armé de ce document, vous pouvez démarcher les assureurs pour trouver une offre équivalente et moins chère.

Une fois l'offre trouvée, vous la soumettez à la banque. Elle dispose alors d'un délai légal de 10 jours ouvrés pour l'étudier et vous donner sa réponse. Si les garanties sont jugées équivalentes, elle ne peut pas refuser et doit émettre un avenant à votre offre de prêt, sans frais. Agir à ce stade évite d'avoir à souscrire le contrat de la banque pour le résilier ensuite, simplifiant grandement les démarches administratives.

Pendant le prêt : résiliation à tout moment depuis septembre 2022

Une véritable révolution a eu lieu avec la loi Lemoine. Comme le confirment les acteurs du secteur (Crédit Agricole, mars 2026), depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs, pour les nouveaux prêts comme pour les anciens, peuvent changer leur assurance emprunteur à tout moment. Il n'est plus nécessaire d'attendre la date anniversaire du contrat. Cette mesure, inscrite dans le Code de la consommation, offre une flexibilité totale.

La notice d'information de votre contrat doit explicitement mentionner cette "possibilité pour l'emprunteur de résilier le contrat d'assurance à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt" (Légifrance, L312-29 Code de la consommation). Le changement d'assurance emprunteur est donc possible n'importe quand durant la vie du prêt, ce qui permet de profiter régulièrement des nouvelles offres plus compétitives du marché.

Délai de réponse de la banque et motifs de refus légaux

Une fois votre demande de substitution d'assurance envoyée à la banque (par lettre recommandée ou tout autre moyen prévu au contrat), celle-ci dispose d'un délai de 10 jours ouvrés pour vous répondre. Passé ce délai, l'absence de réponse ne vaut pas acceptation. La banque doit notifier sa décision par écrit.

Si elle accepte, elle émet un avenant au contrat de prêt intégrant la nouvelle assurance. Si elle refuse, sa décision doit être :

  • Écrite : Un simple refus oral est sans valeur.
  • Motivée : Le seul motif de refus légal est la non-équivalence du niveau de garantie du nouveau contrat. La banque doit lister de manière exhaustive et précise les garanties jugées insuffisantes en se basant sur les critères de la FSI.
  • Explicite : Les raisons doivent être claires et compréhensibles.

Tout refus non motivé ou basé sur d'autres critères (comme une perte de revenus pour la banque) est abusif.

La condition sine qua non : l'équivalence de garanties

L'erreur la plus fréquente, responsable de nombreux échecs dans les démarches de délégation, est de sous-estimer l'importance de l'équivalence de garanties. Il ne suffit pas de trouver un contrat moins cher ; il faut avant tout que sa couverture soit jugée au moins aussi protectrice que celle du contrat de la banque. C'est une condition non négociable, car elle assure au prêteur qu'il sera remboursé en toutes circonstances. La banque définit ses exigences minimales à travers une liste de critères objectifs. Ignorer cette étape ou mal comparer les contrats conduit quasi systématiquement à un refus, faisant perdre un temps précieux à l'emprunteur. Il est donc crucial de maîtriser cette notion pour mener à bien son projet de délégation assurance prêt immobilier.

Les garanties obligatoires à couvrir a minima

Pour accepter une délégation, la banque exige que le nouveau contrat couvre à minima un socle de garanties. Celles-ci sont définies dans la Fiche Standardisée d'Information (FSI) remise lors de la simulation de prêt. Les garanties incontournables sont :

  • Garantie Décès (DC) : Le capital restant dû est remboursé à la banque.
  • Perte Totale et Irréversible d'Autonomie (PTIA) : L'assuré est dans l'incapacité définitive d'exercer une activité rémunérée et a besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les actes de la vie courante.

S'y ajoutent quasi systématiquement pour une résidence principale ou secondaire :

  • Incapacité Temporaire Totale de travail (ITT) : L'assureur prend en charge les mensualités après un délai de franchise (souvent 90 jours) si vous êtes en arrêt de travail.
  • Invalidité Permanente Totale (IPT) : Concerne une invalidité supérieure ou égale à 66%.
  • Invalidité Permanente Partielle (IPP) : Peut être exigée pour une invalidité comprise entre 33% et 66%.

D'autres garanties comme la couverture des affections dorsales et psychiques ("psy/dos") sans condition d'hospitalisation sont souvent requises.

Comment lire et comparer les IPID et fiches standardisées

Pour comparer objectivement les offres, deux documents sont essentiels :

  1. La Fiche Standardisée d'Information (FSI) : Fournie par la banque, elle liste les 11 critères (pour les garanties décès, incapacité, invalidité) et les 4 critères (pour la perte d'emploi) qu'elle exige. C'est votre cahier des charges.
  2. L'IPID (Insurance Product Information Document) : Ce document standardisé européen, fourni par chaque assureur, résume de manière claire et concise les principales caractéristiques d'un contrat d'assurance (garanties, exclusions, modalités).

La méthode consiste à prendre la FSI de la banque et à vérifier, point par point, que l'IPID du contrat délégué coche toutes les cases. Une seule garantie manquante ou un critère moins couvrant (par exemple, une prise en charge forfaitaire alors que la banque exige une prise en charge indemnitaire) suffit à justifier un refus. Portez une attention particulière aux exclusions de garanties, aux délais de franchise et aux plafonds d'indemnisation.

Refus de la banque : motifs légaux et recours possibles

Si la banque refuse votre demande de délégation, elle doit vous notifier sa décision par écrit en précisant les raisons exactes et exhaustives de ce refus, qui ne peut porter que sur la non-équivalence des garanties. Un refus non motivé ou tardif est illégal.

Face à un refus que vous estimez injustifié, plusieurs recours sont possibles :

  1. Le dialogue avec votre conseiller : Dans un premier temps, demandez des éclaircissements pour comprendre précisément le ou les points de blocage.
  2. Le service client ou réclamation de la banque : Si le dialogue échoue, adressez une réclamation formelle au service compétent de la banque.
  3. Le Médiateur bancaire : En cas de désaccord persistant, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de la consommation rattaché à votre banque. Son avis est consultatif mais souvent suivi.
  4. L'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) : Vous pouvez signaler le manquement de la banque à cet organisme, qui est le gendarme du secteur.

Ces démarches permettent de faire valoir vos droits sans avoir à engager une procédure judiciaire.

Cas pratique : combien peut-on économiser avec une délégation ?

L'un des principaux attraits de la délégation d'assurance est le potentiel d'économies. Celles-ci peuvent se chiffrer en milliers, voire en dizaines de milliers d'euros sur la durée totale d'un prêt immobilier. L'écart de coût provient de la méthode de tarification : le contrat groupe de la banque est mutualisé et souvent calculé sur le capital initial, tandis qu'un contrat individuel est personnalisé et généralement calculé sur le capital restant dû. Pour illustrer cet avantage, un cas pratique permet de visualiser concrètement l'impact financier, en gardant à l'esprit que chaque situation est unique. Le gain dépendra toujours de votre profil, du montant emprunté et de la durée du crédit. Il est donc recommandé de faire plusieurs simulations pour trouver une assurance emprunteur pas chère et adaptée.

Pour une estimation précise de votre budget, nous vous invitons à consulter les prix assurance emprunteur par mois.

Scénario : emprunt de 200 000 €, 20 ans, profil 35 ans

Prenons un cas concret à titre indicatif. Un couple de 35 ans, non-fumeur, cadre, emprunte un capital de 200 000 € sur 20 ans pour l'achat de sa résidence principale.

  • Avec le contrat groupe de la banque : Le Taux Annuel Effectif d'Assurance (TAEA) proposé est de 0,34% sur le capital initial. Le coût total de l'assurance sur 20 ans s'élèverait à : 200 000 € * 0,34% * 20 ans = 13 600 €.

  • Avec une délégation d'assurance : Après comparaison, le couple trouve un contrat individuel avec des garanties équivalentes pour un TAEA moyen de 0,15%. Le coût total de l'assurance serait alors d'environ : 200 000 € * 0,15% * 20 ans = 6 000 €.

Dans ce scénario, l'économie réalisée grâce à la délégation d'assurance s'élève à 7 600 € sur la durée totale du prêt. Cet exemple illustre bien l'intérêt de comparer les offres, même si les chiffres peuvent varier significativement selon les profils et les assureurs.

Cette approche personnalisée permet souvent d'obtenir un taux assurance emprunteur plus avantageux.

Le questionnaire de santé : quand est-il obligatoire ?

La loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé sous certaines conditions, mais pas dans tous les cas. Son remplissage reste obligatoire dans deux situations précises, comme le rappelle le portail du Ministère de l'Économie (economie.gouv.fr).

  1. Pour les prêts de plus de 200 000 € : Si la part du capital que vous assurez (seul ou avec un co-emprunteur) dépasse ce montant, le questionnaire de santé est systématiquement requis. Pour un couple empruntant 300 000 € à 50/50, chaque co-emprunteur assure 150 000 €, ils ne sont donc pas concernés. Mais s'ils empruntent 450 000 €, ils dépassent le seuil.
  2. Pour les prêts se terminant après 60 ans : Si à la fin de la durée de remboursement de votre crédit, vous aurez plus de 60 ans, l'assureur est en droit de vous demander de remplir un questionnaire médical.

En dehors de ces deux cas, aucune information relative à votre état de santé ne peut vous être demandée pour assurer votre prêt immobilier.

Les étapes concrètes pour mettre en place une délégation

Mettre en œuvre une délégation d'assurance emprunteur peut sembler complexe, mais la procédure est aujourd'hui bien balisée par la loi. En suivant une méthode rigoureuse, vous pouvez changer d'assurance de manière fluide et efficace, que ce soit au moment de la souscription ou en cours de prêt. Le processus se décompose en trois grandes phases : la recherche d'un nouveau contrat, la soumission de la demande à la banque et la finalisation du changement. Le respect des délais et la fourniture des bons documents sont les clés pour une transition réussie et sans accroc. Il est essentiel de ne jamais résilier son ancien contrat avant d'avoir obtenu l'accord écrit et définitif de la banque sur le nouveau.

Étape 1 : comparer les offres et demander les IPID

La première phase est la plus importante. Il s'agit de comparer les offres d'assurance disponibles sur le marché pour trouver le meilleur rapport garanties/prix. Pour cela, vous pouvez utiliser des comparateurs en ligne, contacter des courtiers spécialisés ou solliciter directement des compagnies d'assurance. Demandez systématiquement le devis détaillé, les conditions générales et surtout l'IPID (Insurance Product Information Document). Ce document standardisé est crucial car il vous permettra de comparer objectivement les garanties avec celles exigées par votre banque, qui sont listées dans la Fiche Standardisée d'Information (FSI) qu'elle a l'obligation de vous remettre. C'est l'étape où vous préparez votre dossier pour qu'il soit recevable.

Étape 2 : soumettre la demande à la banque (délai de 10 jours ouvrés)

Une fois que vous avez sélectionné un contrat offrant des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque, vous devez formaliser votre demande de substitution. Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception à votre banque, en joignant le nouveau contrat d'assurance et ses conditions générales. La banque dispose alors d'un délai légal de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre demande pour l'étudier et vous notifier sa décision. Elle ne peut la refuser que si le critère d'équivalence des garanties n'est pas respecté, et elle doit motiver son refus par écrit de manière détaillée. Toute autre raison de refus est illégale.

Étape 3 : valider la substitution et résilier l'ancien contrat

Si la banque accepte votre demande, elle doit émettre un avenant à votre contrat de prêt, sans frais. Ce document officialise l'intégration de la nouvelle assurance. C'est seulement après avoir reçu cet avenant signé par la banque que vous pourrez procéder à la dernière étape : la résiliation de l'ancien contrat d'assurance. Pour ce faire, envoyez un courrier de résiliation en recommandé à votre ancien assureur (la banque ou sa filiale), en précisant la date d'effet de la substitution. La nouvelle assurance prendra alors le relais sans aucune interruption de couverture, garantissant ainsi la sécurité de votre prêt immobilier.

⚠️ Attention : Ne résiliez jamais votre contrat initial avant d'avoir l'accord formel et écrit de la banque. Une rupture de la couverture d'assurance, même temporaire, constitue une rupture de contrat de prêt qui pourrait avoir de graves conséquences.

Cas particuliers : crédit conso, seniors et risques aggravés

Si la délégation d'assurance est principalement associée au crédit immobilier, ses principes peuvent s'appliquer à d'autres contextes. Les règles et obligations varient cependant pour les crédits à la consommation. De même, des profils spécifiques comme les emprunteurs seniors ou ceux présentant un risque aggravé de santé bénéficient de dispositifs adaptés pour faciliter leur accès à l'assurance et au crédit. Il est important de connaître ces cas particuliers pour faire valoir ses droits en toute situation et ne pas se voir appliquer des règles qui ne correspondent pas à son profil. La convention AERAS, par exemple, joue ici un rôle central.

Crédit à la consommation : délégation possible mais non imposée

Contrairement au prêt immobilier, l'assurance emprunteur n'est pas légalement obligatoire pour un crédit à la consommation. Cependant, comme le précise le site officiel de l'administration française (service-public.fr, F2457), l'organisme prêteur peut tout à fait l'exiger comme condition pour octroyer le financement, notamment pour des montants élevés. Si l'assurance est exigée, le principe de la délégation s'applique également : vous avez le droit de choisir un assureur externe à la condition de respecter l'équivalence des garanties demandées par le prêteur. La liberté de choix est donc la même, même si la pratique est moins répandue car les montants et les durées en jeu sont plus faibles.

Profil senior ou état de santé spécifique : règles adaptées

Les emprunteurs plus âgés ou ayant des problèmes de santé sont souvent confrontés à des surprimes ou à des refus d'assurance. Pour eux, la délégation est particulièrement intéressante car elle permet de trouver des contrats spécialisés. Le questionnaire de santé est systématique si le prêt se termine après leur 60ème anniversaire (economie.gouv.fr).

Pour les personnes présentant un "risque aggravé de santé", la convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) facilite l'accès à l'assurance. Si un assureur refuse de vous couvrir aux conditions standard, votre dossier est automatiquement examiné à un deuxième, puis un troisième niveau d'analyse par des experts médicaux. Ce dispositif vise à trouver une solution d'assurance adaptée, même si cela peut impliquer une surprime ou des exclusions de garanties. C'est un recours essentiel pour de nombreux profils, notamment une assurance emprunteur senior.

Ce que la banque ne peut pas faire : vos droits en pratique

Le cadre légal de la délégation d'assurance emprunteur est conçu pour protéger le consommateur. Face à votre établissement prêteur, vous disposez de droits clairs et non négociables. La banque est tenue de respecter des obligations strictes et ne peut user de pratiques visant à vous dissuader d'exercer votre liberté de choix. La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) veille au respect de ces règles. Une de ses enquêtes, datée du 5 septembre 2023, rappelait que "la loi impose que le consommateur soit informé de la possibilité de souscrire une assurance emprunteur alternative" (economie.gouv.fr/dgccrf), soulignant la vigilance des pouvoirs publics.

Connaître ces interdits vous permet de vous positionner en interlocuteur averti et de contester toute démarche qui vous semblerait abusive.

  • Interdiction de modifier le taux du prêt : Votre banque ne peut pas augmenter le taux d'intérêt de votre crédit immobilier ou dégrader ses conditions au motif que vous avez choisi une assurance externe.
  • Interdiction de facturer des frais de délégation : La banque ne peut vous facturer aucuns frais pour l'étude de votre demande de délégation ou pour l'émission de l'avenant au contrat de prêt. C'est une démarche entièrement gratuite.
  • Obligation de motiver le refus par écrit : Tout refus doit être notifié par écrit et justifié uniquement par le critère de non-équivalence des garanties. Un refus oral ou pour un autre motif est illégal.
  • Respect du délai de 10 jours ouvrés : La banque est tenue de vous répondre dans ce délai légal après réception de votre dossier complet.

Ces protections garantissent que la délégation d'assurance puisse s'exercer librement et sans pression commerciale.

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la délégation d'assurance emprunteur ?

La délégation d'assurance emprunteur est le droit pour un emprunteur de choisir une assurance de prêt immobilier autre que celle proposée par l'établissement prêteur (le « contrat groupe »). Cette assurance externe, appelée « contrat individuel », doit présenter un niveau de garanties au moins équivalent à celui exigé par la banque.

La banque peut-elle refuser une délégation d'assurance emprunteur ?

Oui, mais uniquement pour un motif légitime et par écrit. Le seul motif de refus valable est la non-équivalence des garanties entre le contrat proposé et celui exigé par la banque. Elle ne peut en aucun cas refuser une délégation pour un autre motif, ni modifier les conditions de votre prêt (comme le taux d'intérêt) en guise de pénalité.

Peut-on changer d'assurance emprunteur à tout moment ?

Oui, depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine en septembre 2022, tous les emprunteurs peuvent changer leur assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais ni préavis, dès la signature de l'offre de prêt. La seule condition reste de présenter un nouveau contrat avec des garanties au moins équivalentes.

La délégation d'assurance emprunteur est-elle possible pour un crédit à la consommation ?

Oui, la délégation d'assurance est techniquement possible pour un crédit à la consommation. Cependant, contrairement au prêt immobilier, l'assurance emprunteur n'est pas légalement obligatoire pour ce type de crédit, même si le prêteur peut l'exiger pour accorder le financement (service-public.fr, 2026).

Quand le questionnaire de santé est-il obligatoire pour une assurance emprunteur ?

Le questionnaire de santé pour une assurance emprunteur est obligatoire dans deux cas précis. Premièrement, lorsque la part assurée sur l'encours cumulé des crédits dépasse 200 000 € par emprunteur. Deuxièmement, si l'échéance finale du prêt intervient après le 60ème anniversaire de l'assuré (economie.gouv.fr, 2026).

La banque peut-elle augmenter le taux de mon prêt si je fais une délégation d'assurance ?

Non, c'est formellement interdit. La banque ne peut en aucun cas modifier les conditions de l'offre de prêt, notamment le taux d'intérêt, au motif que vous avez choisi une assurance externe. Ce serait une pratique illégale, sanctionnée par la DGCCRF. Le Taux Annuel Effectif Global (TAEG) de votre crédit reste inchangé.