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Loi Hamon assurance emprunteur : vos droits, les délais et ce que la loi

Loi Hamon assurance emprunteur : résiliation dans la 1re année, conditions d'équivalence, puis loi Lemoine. Tout comprendre pour changer et économiser.

Alexandre LefevreAlexandre Lefevre 17 min de lecture
Assurance Emprunteur: Fini le monopole des banques grâce à la loi Hamon.

La loi Hamon du 17 mars 2014 a permis aux emprunteurs de résilier leur assurance emprunteur dans les 12 mois suivant la signature de l'offre de prêt, sans frais, sous réserve d'un contrat présentant des garanties équivalentes. Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine la dépasse en autorisant une résiliation à tout moment, sans attendre la première année ni la date anniversaire.

La loi Hamon assurance emprunteur n'est plus le texte de référence depuis septembre 2022. Elle a été dépassée par la loi Lemoine, qui offre aux emprunteurs un droit de résiliation bien plus large. Pourtant, son mécanisme reste pertinent pour les crédits à la consommation et constitue le socle historique du droit à la délégation d'assurance. Voici ce que vous pouvez encore en attendre, et surtout ce que la loi Lemoine a changé pour votre contrat.

Ce que la loi Hamon permettait : résiliation libre pendant la 1re année

Adoptée le 17 mars 2014, la loi Hamon (loi n°2014-344) a ouvert une brèche dans le monopole des contrats groupe bancaires. Pour la première fois, un emprunteur pouvait quitter l'assurance imposée par sa banque après la signature du prêt.

La promesse était simple : changer d'assurance emprunteur sans frais ni pénalité dans les douze mois suivant la signature de l'offre de prêt. Auparavant, la délégation n'était possible qu'au moment de la souscription, grâce à la loi Lagarde de 2010. La loi Hamon créait donc un droit de repentir a posteriori.

Concrètement, ce texte a bénéficié à des milliers d'emprunteurs. Selon les données du CCSF (Comité consultatif du secteur financier), le taux de délégation d'assurance est passé d'environ 15 % en 2013 à plus de 30 % dans les années suivantes, signe d'un marché devenu plus concurrentiel.

Mais cette fenêtre restait étroite. Une fois les 12 mois écoulés, l'emprunteur était verrouillé jusqu'à la date anniversaire suivante, sans possibilité de résilier entre-temps. C'est ce verrou que l'amendement Bourquin, puis la loi Lemoine, ont successivement fait sauter.

Le principe : 12 mois pour changer sans frais

La loi Hamon offrait un droit de résiliation strictement encadré dans le temps. L'emprunteur disposait d'un délai de 12 mois à compter de la signature de l'offre de prêt pour substituer une assurance externe au contrat groupe de la banque.

Aucun frais de dossier, aucune pénalité, aucune majoration de taux ne pouvait être imposé par l'établissement prêteur. La seule exigence : présenter un nouveau contrat offrant des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque dans l'offre de prêt initiale.

Ce délai de 12 mois courait à partir de la date de signature de l'offre, et non à partir du déblocage des fonds ou de la première échéance. Une nuance qui a pu piéger des emprunteurs ayant signé leur offre plusieurs mois avant le déblocage effectif.

La condition clé : l'équivalence des garanties

L'équivalence des garanties constitue le cœur du dispositif. Le nouveau contrat doit couvrir au minimum les mêmes risques que ceux listés dans l'offre de prêt : décès, perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), incapacité temporaire totale de travail (ITT), invalidité permanente (IPP), voire perte d'emploi si celle-ci était exigée.

La fiche standardisée d'information (FSI) remise par la banque avec l'offre de prêt liste précisément les garanties minimales requises. Cette fiche, obligatoire depuis 2015, permet au nouvel assureur de calibrer son contrat pour satisfaire l'exigence d'équivalence. Sans elle, le dossier est irrecevable.

La banque dispose ensuite de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la substitution. Un refus doit être motivé par écrit, garantie par garantie. En pratique, les refus sont rares lorsque le dossier est correctement constitué et que le nouveau contrat respecte strictement le référentiel de la FSI.

Comment envoyer la demande de résiliation

La demande de résiliation sous le régime Hamon suit un formalisme précis. L'emprunteur doit adresser à son prêteur une lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée du nouveau contrat d'assurance et du tableau d'équivalence des garanties.

La notice d'information remise par la banque doit mentionner la possibilité pour l'emprunteur de résilier le contrat à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt, comme le rappelle le Code des assurances (articles L113-12 et suivants).

Le contrat existant prend fin 10 jours ouvrés après réception de la demande complète par la banque, sans que l'emprunteur ait à effectuer d'autre démarche auprès de l'assureur initial. La banque se charge elle-même de la résiliation administrative du contrat groupe.

Chronologie législative : de la loi Lagarde à la loi Lemoine

Pour mesurer ce que la loi Hamon a apporté, il faut la replacer dans une chaîne législative de douze ans. Chaque texte a élargi un peu plus le droit à la substitution. L'emprunteur d'aujourd'hui bénéficie d'une liberté quasi totale, impensable en 2009.

La loi Lagarde de 2010 a posé la première pierre. Avant elle, l'emprunteur n'avait d'autre choix que le contrat groupe de sa banque. La loi Hamon a créé le droit de changer après la signature. L'amendement Bourquin a généralisé la résiliation annuelle. Et la loi Lemoine, depuis septembre 2022, a supprimé toute barrière temporelle.

Résultat : en 2026, un emprunteur peut changer d'assurance à tout moment, sans justification, sans frais, et sans attendre une quelconque échéance. La seule contrainte qui subsiste est l'équivalence des garanties, et dans certains cas, le questionnaire de santé.

Loi Lagarde 2010 : le droit à la délégation dès la souscription

La loi Lagarde (loi n°2010-737 du 1er juillet 2010) a instauré le principe de délégation d'assurance. Pour la première fois, un emprunteur pouvait refuser le contrat groupe de sa banque et présenter une assurance externe dès la souscription du prêt.

Ce droit était toutefois limité à la phase de négociation initiale. Une fois le prêt signé avec l'assurance bancaire, plus aucune porte de sortie. La banque restait maîtresse du calendrier.

La loi Lagarde a aussi imposé la remise d'une fiche standardisée d'information, permettant de comparer les garanties. Ce document, perfectionné par les textes suivants, reste la pièce maîtresse de toute démarche de substitution. Pour approfondir ce dispositif fondateur, consultez notre guide sur la loi Lagarde assurance emprunteur.

Amendement Bourquin 2018 : résiliation à chaque date anniversaire

L'amendement Bourquin, intégré à la loi Sapin 2 et entré en vigueur le 1er janvier 2018 pour les nouveaux contrats, a créé un droit de résiliation annuel. L'emprunteur pouvait désormais changer d'assurance à chaque date anniversaire de son contrat, et plus seulement dans la première année.

L'extension aux contrats en cours a pris effet le 1er janvier 2020. Un emprunteur ayant signé son prêt en 2015 pouvait donc résilier à la date anniversaire 2020, 2021, 2022, etc.

Cette avancée restait toutefois insuffisante pour un marché véritablement fluide : attendre parfois 11 mois pour la prochaine date anniversaire constituait un frein réel. Selon Boursorama (2018), le rythme annuel maintenait une "inertie" qui profitait aux contrats groupe, moins chers que les offres déléguées dans seulement 15 à 20 % des cas.

Loi Lemoine septembre 2022 : résiliation à tout moment

La loi Lemoine (loi n°2022-270), applicable depuis le 1er septembre 2022, a changé la donne. Désormais, tous les emprunteurs peuvent résilier leur assurance emprunteur à tout moment, sans délai, sans attendre la date anniversaire. Y compris les contrats souscrits avant 2022.

Le ministère de l'Économie le confirme : « Depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs, y compris ceux ayant un contrat en cours, peuvent changer à tout moment leur assurance emprunteur » (economie.gouv.fr). Cette disposition a rendu caducs à la fois le délai de 12 mois de la loi Hamon et le rythme annuel de l'amendement Bourquin.

La loi Lemoine a aussi supprimé le questionnaire de santé pour les crédits immobiliers de moins de 200 000 € par personne, sous réserve que l'emprunteur ait moins de 60 ans à la fin du prêt. Pour le détail de ces droits, notre article sur la loi Lemoine assurance emprunteur couvre l'ensemble du dispositif.

Loi Lemoine vs loi Hamon : ce qui a vraiment changé pour vous

Depuis le 1er septembre 2022, la loi Hamon est techniquement obsolète pour l'assurance emprunteur immobilier. La loi Lemoine couvre tout son périmètre et va bien au-delà. L'emprunteur n'a plus à se demander s'il est dans sa première année de prêt ou non.

Prenons un cas concret pour illustrer la différence. Un couple signe un prêt de 180 000 € sur 20 ans en mars 2023, avec l'assurance groupe de la banque au taux de 0,34 % par tête. Six mois plus tard, il trouve une délégation à 0,18 %. Avant la loi Lemoine, ce couple aurait dû attendre mars 2024 (fin du délai Hamon) ou septembre 2024 (date anniversaire Bourquin) pour changer. Aujourd'hui, il peut résilier immédiatement.

Le gain potentiel est significatif. Sur 20 ans, passer de 0,34 % à 0,18 % sur un capital de 180 000 € représente une économie de l'ordre de plusieurs milliers d'euros. Ce chiffre varie selon les profils et ne constitue pas une promesse de résultat : chaque dossier doit faire l'objet d'une simulation assurance crédit immobilier personnalisée.

Scénario : emprunteur signataire après septembre 2022

Pour tout prêt signé après le 1er septembre 2022, le cadre applicable est la loi Lemoine, et elle seule. La loi Hamon n'entre plus en ligne de compte. L'emprunteur peut résilier le lendemain de la signature, six mois plus tard, ou à n'importe quel moment.

La banque ne peut pas opposer un délai minimal. Elle ne peut pas non plus facturer de frais de résiliation. Le seul point de vigilance : le nouveau contrat doit respecter l'équivalence des garanties mentionnée dans l'offre de prêt.

Le Crédit Agricole le rappelle dans son guide immobilier (mis à jour en juin 2026) : « Depuis septembre 2022, tous les emprunteurs peuvent changer leur assurance emprunteur, sans attendre leur première année de contrat. » La formulation est sans ambiguïté : le calendrier Hamon n'existe plus pour les prêts immobiliers.

Le seuil des 200 000 € et le questionnaire de santé

La suppression du questionnaire de santé constitue l'autre apport majeur de la loi Lemoine. Mais elle n'est pas inconditionnelle.

Le questionnaire médical reste obligatoire dans deux cas : si le crédit dépasse 200 000 € par personne assurée, ou si l'emprunteur aura plus de 60 ans à la fin du prêt (economie.gouv.fr). Ces deux seuils sont cumulatifs : un prêt de 150 000 € contracté par un emprunteur qui aura 62 ans au terme déclenche l'obligation du questionnaire.

Pour un jeune emprunteur souscrivant un prêt de 190 000 € avant 35 ans, le questionnaire de santé est en revanche supprimé. Le droit à l'oubli, issu de la convention AERAS, s'applique par ailleurs aux anciens malades du cancer et de l'hépatite C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute.

Ce que la loi Hamon couvre encore (crédits à la consommation)

La loi Hamon n'a pas totalement disparu du paysage juridique. Elle continue de s'appliquer au crédit à la consommation, un domaine où la loi Lemoine n'a rien modifié.

Le principe est identique à celui du crédit immobilier : l'emprunteur peut changer d'assurance dans les 12 mois suivant la signature du contrat de prêt, sous réserve d'équivalence des garanties. Passé ce délai, la résiliation reste possible à chaque date anniversaire, conformément au droit commun des assurances.

Service-public.fr précise que l'assurance emprunteur n'est pas obligatoire pour un crédit à la consommation, mais que le prêteur peut l'exiger avant d'accorder le prêt. La loi Hamon offre donc une porte de sortie à l'emprunteur qui aurait accepté une assurance onéreuse sous la pression du prêteur.

L'erreur courante : confondre loi Hamon et résiliation infra-annuelle post-Lemoine

Beaucoup d'emprunteurs ignorent que la loi Lemoine a déverrouillé le calendrier. Ils continuent de penser qu'il faut attendre la fin de la première année pour changer d'assurance.

En pratique, cette confusion coûte cher. Un emprunteur qui signe en janvier 2026 et découvre une offre deux fois moins chère en mars attendra octobre, voire janvier 2027, avant d'oser résilier. Pendant ces mois perdus, il continue de payer une prime majorée. Sur un contrat à 50 € par mois, l'attente inutile de 9 mois représente 450 €.

L'origine de cette méprise est double. D'abord, la loi Hamon a marqué les esprits comme « la » loi permettant de changer d'assurance, au point que son nom reste associé au droit de résiliation. Ensuite, certains conseillers bancaires, par méconnaissance ou par intérêt, continuent d'évoquer un délai de première année qui n'existe plus depuis septembre 2022.

Pourquoi certains emprunteurs attendent encore 12 mois à tort

Le réflexe « j'attends la fin de ma première année » persiste chez de nombreux emprunteurs, même bien informés. Ce biais vient de la notoriété historique de la loi Hamon, plus médiatisée à son époque que la loi Lemoine.

Le guide du Crédit Agricole de juin 2026 note explicitement que « la loi Hamon de 2014 permettait déjà de changer son contrat d'assurance dans la première année » avant de rappeler que ce dispositif a été dépassé. Le verbe au passé est une réponse directe à cette confusion persistante.

Autre facteur : les contrats groupe souscrits avant 2022 contenaient encore la mention du délai de 12 mois. Même si la loi Lemoine a rendu cette clause inopérante, sa présence dans le document contractuel entretient l'ambiguïté. La notice d'information doit pourtant avoir été mise à jour depuis le 1er septembre 2022 pour indiquer la possibilité de résilier à tout moment.

Le risque d'un dossier d'équivalence incomplet

L'autre piège fréquent ne concerne pas le calendrier, mais le contenu du dossier de substitution. Un emprunteur qui envoie un nouveau contrat sans joindre le tableau d'équivalence des garanties, ou qui omet la fiche standardisée d'information, verra sa demande rejetée.

La banque dispose alors de 10 jours ouvrés pour notifier un refus motivé. Et le délai repart de zéro avec un nouveau dossier. En pratique, les refus pour dossier incomplet sont plus nombreux que les refus pour non-équivalence. La cause la plus fréquente : une garantie ITT qui couvre 80 % du salaire au lieu des 100 % exigés par l'offre de prêt.

Pour sécuriser la démarche, il est recommandé de transmettre le projet de contrat au nouvel assureur avec la FSI bancaire. Celui-ci pourra calibrer les garanties avant l'envoi à la banque.

⚠️ Attention : ne résiliez jamais votre ancienne assurance avant d'avoir reçu l'accord écrit de la banque pour la substitution. Une rupture de couverture, même temporaire, peut entraîner l'exigibilité anticipée du prêt.

Mode d'emploi pratique : changer d'assurance emprunteur en 2026

Le processus de changement assurance emprunteur est aujourd'hui standardisé. Il repose sur la loi Lemoine, mais la mécanique reste identique à celle héritée de la loi Hamon : comparaison, constitution du dossier, envoi, délai légal.

Depuis septembre 2022, ce processus peut être engagé à tout moment, pour tout contrat immobilier, sans avoir à justifier d'une date anniversaire ou d'une première année en cours. La notice d'information remise par la banque avec l'offre de prêt doit expressément mentionner cette faculté, comme l'impose le Code des assurances.

La démarche est gratuite. Aucun frais de dossier, de résiliation ou de transfert ne peut être facturé par l'établissement prêteur. Les seuls coûts éventuels sont ceux du nouveau contrat d'assurance lui-même.

Étape 1 : comparer les garanties minimales requises

La première étape consiste à récupérer la fiche standardisée d'information (FSI) remise avec l'offre de prêt. Ce document, obligatoire, liste les garanties exigées par la banque : décès, PTIA, ITT, IPP, et le cas échéant perte d'emploi.

Chaque garantie est assortie de seuils chiffrés. L'ITT, par exemple, peut être exigée à partir de 15 jours d'arrêt de travail, avec une quotité de 100 %. La PTIA peut être définie comme l'impossibilité d'exercer toute profession (et pas seulement la profession actuelle).

Sans la FSI, impossible de vérifier l'équivalence. Les banques ont l'obligation de la fournir, mais en pratique il faut parfois la réclamer. Une fois ce document en main, un comparateur ou un courtier spécialisé peut identifier les contrats externes qui satisfont l'ensemble des exigences.

Étape 2 : constituer et envoyer votre dossier

Le dossier de substitution comprend trois documents : le nouveau contrat d'assurance, le tableau d'équivalence des garanties (qui met en regard, critère par critère, les garanties bancaires et les garanties du nouveau contrat), et une lettre de demande de substitution.

L'envoi se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, à l'adresse du siège de la banque ou de l'agence gestionnaire du prêt. Certains établissements acceptent désormais l'envoi par email avec accusé de réception, mais la LRAR reste la méthode la plus sûre pour faire courir le délai légal.

La lettre doit mentionner la référence du prêt, le nom des emprunteurs, et la date de signature de l'offre. Aucune motivation n'est requise : l'emprunteur n'a pas à justifier pourquoi il change d'assurance.

Étape 3 : délai de réponse et prise d'effet

La banque dispose de 10 jours ouvrés à compter de la réception du dossier complet pour notifier sa décision. L'absence de réponse dans ce délai vaut acceptation tacite.

En cas d'acceptation, le nouveau contrat prend effet le lendemain de l'expiration du délai de 10 jours. La banque se charge de résilier l'ancien contrat groupe et de rembourser le prorata de prime déjà versé pour la période non couverte.

En cas de refus, celui-ci doit être motivé garantie par garantie. L'emprunteur peut alors corriger le tir en demandant au nouvel assureur d'ajuster son contrat, puis renvoyer un dossier modifié. Le délai de 10 jours recommence à courir à réception du nouveau dossier.

Loi Hamon et crédit à la consommation : un terrain où elle reste utile

Contrairement au crédit immobilier, le crédit à la consommation n'est pas couvert par la loi Lemoine. La loi Hamon y conserve donc toute sa pertinence. L'emprunteur dispose d'un délai de 12 mois après la signature pour résilier l'assurance facultative souscrite auprès du prêteur.

Service-public.fr rappelle que l'assurance emprunteur n'est pas obligatoire pour un crédit à la consommation. Le prêteur peut néanmoins l'exiger comme condition d'octroi du crédit. Dans ce cas, l'assurance est souvent intégrée au contrat de prêt, avec un coût total exprimé en euros ou en pourcentage du capital.

La loi Hamon permet de la résilier et de la remplacer par une assurance externe, sous réserve d'équivalence. Ce droit est particulièrement utile pour les crédits affectés (automobile, travaux) où l'assurance décès-invalidité peut alourdir significativement le coût total du financement.

Pour les crédits inférieurs à 3 000 €, la durée maximale de remboursement est limitée à 36 mois (economie.gouv.fr). Sur ce type de petit crédit, l'assurance est souvent proportionnellement plus chère ; la faculté de résiliation offerte par la loi Hamon constitue donc un levier d'économie notable.

💡 À noter : le droit de résiliation de la loi Hamon pour le crédit à la consommation s'applique uniquement à l'assurance facultative liée au prêt. Il ne concerne pas les assurances obligatoires comme l'assurance auto ou habitation, qui obéissent à un régime distinct (résiliation après un an, en application de la loi Hamon auto-habitation).

Points clés

  • La loi Hamon n'est plus le texte de référence pour l'assurance emprunteur immobilier : la loi Lemoine (2022) la dépasse en autorisant la résiliation à tout moment
  • Le questionnaire de santé est supprimé pour les crédits immobiliers de moins de 200 000 €, sauf si l'emprunteur dépasse 60 ans en fin de prêt
  • La loi Hamon conserve son utilité pour les crédits à la consommation, où la loi Lemoine ne s'applique pas
  • L'équivalence des garanties reste la condition centrale : sans elle, la banque peut refuser la substitution dans les 10 jours ouvrés
  • Confondre loi Hamon et loi Lemoine conduit à attendre inutilement la fin de la première année avant de changer d'assurance
Loi Hamon : date17 mars 2014Délai de résiliation Hamon12 mois après signature du prêtAmendement BourquinRésiliation à date anniversaire (depuis 01/01/2018)Loi Lemoine : en vigueur1er septembre 2022 (tous contrats en cours)Délai de résiliation LemoineÀ tout moment, sans condition de calendrierSeuil questionnaire santé200 000 € / 60 ans à la fin du prêtDélai réponse banque10 jours ouvrésCrédit conso : durée max < 3 000 €36 moisEnvoi demandeLettre recommandée avec AR

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la loi Hamon sur l'assurance emprunteur ?

La loi Hamon du 17 mars 2014 (loi n°2014-344) permettait aux emprunteurs de résilier leur assurance emprunteur sans frais dans les 12 mois suivant la signature de l'offre de prêt, sous réserve d'équivalence des garanties. Elle a constitué la première brèche dans le monopole des contrats groupe bancaires après la signature du prêt. Depuis le 1er septembre 2022, elle est dépassée par la loi Lemoine pour les prêts immobiliers, mais reste applicable aux crédits à la consommation.

La loi Hamon s'applique-t-elle encore en 2026 ?

Oui, mais uniquement pour les crédits à la consommation. Pour les prêts immobiliers, la loi Hamon est devenue obsolète depuis le 1er septembre 2022 : c'est la loi Lemoine qui s'applique, avec un droit de résiliation à tout moment, sans condition de délai. La loi Hamon conserve toutefois son utilité pour l'assurance facultative des crédits à la consommation, où la loi Lemoine n'a pas modifié le régime existant.

Quel est le délai pour changer d'assurance emprunteur avec la loi Hamon ?

Sous le régime de la loi Hamon, le délai était de 12 mois à compter de la signature de l'offre de prêt. Ce délai est aujourd'hui sans objet pour les prêts immobiliers, puisque la loi Lemoine permet de résilier à tout moment depuis septembre 2022. Pour les crédits à la consommation, le délai de 12 mois reste en vigueur.

Quelle est la différence entre la loi Hamon et la loi Lemoine ?

La loi Hamon offrait une fenêtre de 12 mois après la signature du prêt pour changer d'assurance. La loi Lemoine, applicable depuis le 1er septembre 2022, permet de résilier à tout moment, sans limite de durée, y compris pour les contrats en cours. La loi Lemoine a également supprimé le questionnaire de santé pour les crédits de moins de 200 000 €, lorsque l'emprunteur a moins de 60 ans à la fin du prêt.

La loi Hamon s'applique-t-elle au crédit à la consommation ?

Oui. La loi Hamon permet de résilier l'assurance facultative d'un crédit à la consommation dans les 12 mois suivant la signature du contrat. Service-public.fr rappelle que cette assurance n'est pas obligatoire, mais le prêteur peut l'exiger. La résiliation est soumise à la condition d'équivalence des garanties, comme pour le crédit immobilier.

Faut-il un questionnaire de santé pour changer d'assurance emprunteur ?

Cela dépend du montant du prêt et de l'âge de l'emprunteur. Selon economie.gouv.fr, le questionnaire de santé reste obligatoire pour les crédits supérieurs à 200 000 € ou si l'emprunteur aura plus de 60 ans à la fin du prêt. En dessous de ces deux seuils, il est supprimé depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine le 1er septembre 2022.